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REGISTRES
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DU BUREAU [i552]
"Et sachant mond. srde Guise comme ilz alloient desbandez et sans ordre au fourrage, il feist saillir, il y a trois jours, monsr le vidasme de Chartres'3', acompaigné d'un bon nombre de chevaulx, qui, à la veue de leur camp prindrent grant nombre de mul-lelz, chevaulx et prisonniers qu'ilz emmenèrent en lad. ville ; lesquelz dient que oud. camp y a grande necessité de vivres, de sorte que l'on n'y distribue que xxv pains pour enseigne : de quoy les Italiens et Espaignolz se pleignent fort, et encores plus du payement, car il leur est deu deux payes.
"L'Empereur est à Thionville, fort malade de gouttes; lequel a envoyé l'evesque d'Arras'4> devers le duc d'Albe '5', pour luy dire le mal contentement qu'il a de ce qu'il ne use d'autre dilligence ; dont il s'excuse sur le mauvais temps et grande pluye qu'il a faict depuis quelques jours par delà, telles que leurs gens sont à la boue jusques au cul, et qu'il est quasi impossible de povoir remuer leur artillerye.
«Led. Empereur s'est vanté qu'il perdera plus tost non seullement sa couronne impériale, mais aussi sa vie, qu'il ne preigneled. Metz; ct ceulx de dedans asseurent qu'ilz mourront tous plus tost qu'il y entre.
"Faisant sur ce fin, je prie Dieu, Mess", qu'il vous doint ce que plus desirez.
"De Reims, ce penultieme jour d'Octobre mil cinq cens cinquante deux.
"Vostre bien bon amy,
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nombre de marchans et autres subgectz de l'Empereur qu'il y a de present residens el. traffiquans en la ville de Paris, aussi librement que s'ilz estoient propres subgectz dud. Seigneur, en vertu de certains sauf conduitz et congez de marchander qu'ilz disent avoir obtenuz, combien que lesd, sauf conduitz ayent esté revoquez par ledit Seigneur, ayant esté adverty des menées, pratiques et advertissemens que plusieurs d'iceulx marchans faisoient, soubz coulleur dud. traf-fique, au prejudice de luy et de ses subgectz : chose qu'il a trouvé fort estrange. Et pour ceste cause escript à Monsr le Cardinal de Bourbon qu'il face prandre comme prisonniers de bonne guerre tous cesd, marchans et autres subgectz d'icelluy Empereur qui se trouveront en lad. ville et es environs, nonobstant lesd, sauf conduitz.
"Au demourant, Mess", led. Seigneur vous scet merveilleusement bon gré de l'unyon et grande obeyssance en laquelle vous persévérez, et de la bonne affection que mond. Sr le Cardinal de Bourbon l'a assuré que vous avez de n'espargner chose que ayez pour son service et conservation des villes qui vous couvrent.
"Ne voullant au reste oublier à vous advertir comme led. Seigneur a ce jourd'huy receu lettres de Monsr le Duc de Guise t1', par lesquelles il l'advertit que ses ennemys, depuis sept ou huit jours qu'il ya qu'i sont logez à deux mil pas de Metz, n'ont osé aprocherplus prest, ny commencé à faire tranchées, de sorte que ceulx de dedans font faire le guet à cheval hors lad. ville à mil pas desd, ennemys, sans que jamais ilz ayent faict semblant de les en voulloir desloger, se souvenant du mauvais traittement qu'ilz receurent à la saillye qui fut faicte sur eulx, quant ilz vindrent recongnoistre lad. ville, où ilz perdirent beaucoup de gens (2>.
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Mon
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TMORANCY."
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Et au dessus :
A Mess" les Prevost des Marchans et Eschevins, bourgeois, manans et habitans de ia ville de Paris.
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C François de Lorraine, duc d'Aumale et de Guise (i5ig-i563), lieutenant-général du Royaume, illustre surtout par sa glorieuse défense de Melz contre Charles-Quint, qui fut forcé de lever le siège après avoir perdu 3o,ooo hommes. Le siège avait duré deux mois et demi (19 octobre-icr janvier). — Nous croyons devoir rappeler au lecteur que le Volume précédent contient plusieurs lettres du Connétable de Montmorency, relatives à son entrée dans la ville de Metz au mois d'avril précédent, et diverses ordonnances prescri-vantdes réjouissances publiques en l'honneur de cet événement (Registre H 1781, fol. 278 et suivants).
(2) Cette escarmouche doit être rapportée sans doute à la date du 19 octobre, qui est celle de l'investissement de la place. Voir la mention qu'en fait le Registre B : ci-dessus page 47, note 1.
(3) François de Vendôme (i524-i562), de Ia branche des princes de Chabanais, vidame de Chartres, colonel de l'infanterie après la mort de François de Gouffier, seigneur de Bonnivet (décembre i556).
O Antoine Perrenot, évêque d'Arras (i538-i56i), premier archevêque de Malines, mourut en i586 archevêque de Besançon sa patrie. Antoine Perrenot a laissé un grand renom dans l'histoire du xvi° siècle, sous le titre de Cardinal de Granvelle.
(-) Fernand Alvarez de Tolède, duc d'Albe (i5o8-i582), l'un des plus grands capitaines du xvi0 siècle, conseiller de Charles-Quint et de Philippe II, gouverneur général des Pays-Bas. — Le duc d'Albe commandait les assiégeants à Metz.
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